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Ils n’existent pas, mais…

19 oct.
4 min de lecture

Tu lis une expérience et tu as les larmes aux yeux.

Tu viens tout juste de terminer un livre, mais tu ressens un pincement au cœur, car c’est déjà fini.

Ça fait des jours que tu l’as terminé, mais tu y repenses encore.

Tu viens de vivre une situation et tu ne peux t’empêcher de te demander ce que tel personnage aurait fait à ta place.

Tu as forcément dû te retrouver dans au moins un de ces scénarios juste à cause du personnage d’un livre et tu te demandes pourquoi tu ressens cela. Honnêtement, je n’ai pas de réponses pour toi, mais j’ai de quoi t’orienter, suis-moi.

 

"Mais, ce n’est qu’un personnage!"


Là, on est d’accord.

Tout lecteur, un tant soit peu lucide, sait très bien que les personnages de son livre - à l’exception d’une biographie - sont tous fictifs, alors c’est quoi le problème ?


Lorsque l’on ouvre un livre et que l’on découvre ses personnages, on s’attend à être transporté, impliqué, bousculé.

Alors oui, c’est ce qu’il se passe. Et en chemin, je ne sais pas mais il y a ce petit truc qui crée le sentiment d’attachement. Notre cerveau sait bien que le personnage est fictif, mais nous quoi ? comme on dit ici au continent.

 

Nous vivons avec eux

Une bonne lecture procure la sensation d’intimité.

On a l’impression de faire partie de l’entourage de personnage. Plus encore, on a l’impression que le personnage nous raconte son histoire au creux de l’oreille,  comme si on était avec lui et cela est vraiment inestimable.

En tant que lectrice, j’aime me sentir proche des personnages, comme s’ils vivaient dans la maison d’à côté, et que je pouvais à n’importe quel moment allez toquer à leur porte pour leur procurer des précieux conseils de l’extérieur ou juste leur dire le fond de ma pensée.


Le miroir, la fenêtre

Certains personnages ont tendance à refléter nos personnalités. Leurs tics, leur routine du matin, leurs qualités et défauts.

C’est comme si chaque page nous permet de collecter des points communs, comme on collecte les indices dans une chasse aux trésors.


Mais en face, il y a aussi ces personnages qui ne nous ressemblent absolument pas.

Ils sont tellement aux antipodes de nous-mêmes qu’on pourrait tenir tout un podcast pour expliquer en quoi le personnage nous est complètement étranger et c’est ainsi que même sans s’en rendre compte, on se rapproche de ces individus fictionnels.

 

S’attacher=aimer ? pas forcement

C’est là que la nuance intervient de manière assez tranchante. Un personnage n’a pas besoin d’être sympathique pour attirer notre attention, loin de là. Parfois, c’est l’antagoniste, le scélérat, la sournoise, la gold digger ou même le fin stratège qu’on a envie d’étriper qui nous marquent. Une fois qu’un personnage nous a piqué à vif, il s’installe dans un coin de notre tête, on y pense même si on ne l’aime pas. On veut l’étriper à la moindre occasion tellement qu’on oublie que ce dernier n’existe qu’entre les pages qu’on n’a de cesse de tourner pour savoir ce qu’il va devenir.

Oui, on préfère souvent les protagonistes mais notre esprit de lecteur a moins de filtres du moment que le personnage est écrit noir sur blanc.

 

La dernière page


C’est généralement ici que le déni nous quitte définitivement et que l’on se rend à l’évidence.

Cette constatation peut être subtile comme brutale, allant de la larmichette au torrent de larmes en passant par le rire franc ou la colère à peine dissimulée.

Oui, fermer le livre nous met face à la dure réalité : il est temps de passer à autre chose.


Pour le commun des mortels, c’est assez simple mais pour le lecteur qui s’est attaché à un personnage, c’est plus facile à lire qu’à faire.

La dernière page est la fin d’une route qui se voulait illimitée et ce n’est jamais de l’histoire ancienne, du moins pour moi. Je garde toujours en tête un personnage de chaque livre que j’ai lu et je n’arrive pas toujours à me l’expliquer.


 

Et si, ce n’était pas le personnage qui nous manque…

 

C’est un peu hors contexte mais j’ai une petite anecdote à vous raconter, vous allez comprendre… ou pas

Il y a quelques années, je me suis aventurée à visionner un manga du début jusqu’à la fin. Je ne manquais jamais un épisode, je regardais les rediffusions volontiers comme si c’était la première fois et je ne suis pourtant pas une otaku.

Mais, j’ai été frappée par un phénomène bizarre : à la fin du manga, un des protagonistes décède et j’ai pleuré. De vraies larmes, avec le pincement au cœur qui va avec, les reniflements et même le mouchage dramatique.

J’avais tellement pleuré que ma petite sœur, spectatrice de fortune, m’avait regardée complètement incrédule, me demandant ce qui n’allait pas avec moi. Je croyais que c’était la perte du personnage qui m’avait chamboulée mais avec du recul, j’ai compris.

 

Je m’étais rendue compte que l’aventure était terminée. L’histoire qui tournait autour de ce personnage avait pris fin, je ne pourrais plus jamais visionner de nouveaux épisodes, plus jamais.

Mon rendez-vous quotidien était terminé et à cette époque, c’était comparable à une catastrophe naturelle. La dynamique et les enjeux de l’histoire allaient me manquer.

 

Alors, je me demande bien si notre attachement à tel ou tel personnage ne vient-il pas plutôt de l’histoire autour d’eux ? Et si c’était l’histoire qui produisait cela en nous ? Et si les personnages n’étaient que des éléments de la vraie raison ? Le message du livre ?

 

Si la question est encore floue pour toi, je t’invite à aller jeter un coup d’œil à l’histoire de la petite Addie et on en parle quand tu veux.


À très bientôt, j’espère


Dani-Lise

1 commentaire

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Aby
il y a 6 jours
Noté 5 étoiles sur 5.

Lorsque ça m'arrive, je peux penser à un personnage pendant une semaine.

J'ai lu une ch

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